• 100 ans !

    Blog de zelie :Le blog de Zélie et Lutèce, 100 ans !

    Un siècle traversé, un millénaire franchi, 7 fois arrière-arrière grand-mère : "La Mèmère", comme on l'appelle si joliment, comme pour mieux marquer le fait qu'elle est unique, a fêté aujourd'hui ses 100 ans. Pour l'occasion, la famille s'est rassemblée autour de l'aïeule chez qui, de son propre aveu, "tout est encore bon sauf les jambes". En effet, inutile de lui crier dans les oreilles pour se faire comprendre : chez elle, le sonotone est inutile, "c'est bien bon pour les vieux". Et, à l'heure où tous ses petits-enfants ne déchiffrent plus rien sans chausser une paire de lunettes sur le bout de leur nez, elle fait la nique à toute cette jeunesse cinquantenaire en lisant l'heure sur sa toute petite montre, en déchiffrant sur papier les paroles d'une chanson et en scrutant de vieilles photos sans la moindre assistance correctrice. A 100 ans, elle ne boude pas un petit apéro et ne rechigne pas devant son gâteau. A 100 ans, "ça marche encore là-dedans", dit-elle en pointant de l'index le haut de son front. A 100 ans, c'est debout qu'elle a prononcé son petit discours de remerciement, quelques phrases qui nous ont beaucoup plus émus que toutes celles qui passaient à la télévision au même moment et dont tout le monde a parlé tout le week end durant. A 100 ans, nous l'avons embrassée, acclamée, dorlotée, entourée, touchée, applaudie, serrée dans nos bras. C'est alors que nous avons pris conscience d'un fait étonnant : avec les personnes âgées, comme avec les bébés, même les plus pudiques d'entre nous ont l'oeil attendri, le geste tendre, l'humeur câline. Ces 100 ans ont été l'occasion d'une première rencontre entre l'aînée et la benjamine de la famille : Lutèce, le plus petit bourgeon de l'arbre généalogique, n'a pas hésité une seule seconde Ã  sauter sur les genoux de celle dont elle a hérité son deuxième prénom, Jeanne. C'était une première rencontre, à 1 an et demi pour l'une, 100 ans pour l'autre, mais elles étaient aussi à l'aise ensemble que si elles se connaissaient depuis toujours.
    Jeanne a fêté ses 100 ans, elle est arrivée au seuil qu'elle s'était fixé, visiblement heureuse d'y être parvenue. Mais elle a dit que c'était assez et nul d'entre nous ne s'est donné le droit de la contredire. Pour l'heure, rien ne presse, la Mémère a toujours su gérer son temps et vivre l'instant présent.

    16 commentaire(s) | ajouter un commentaire
  • Happée...

    Dormir ! Alors que nous ne rêvons que de ça, notre progéniture rêve pour sa part de l'exact opposé. Surtout ne pas se laisser aller. Lutter, s'agiter, se révolter, ne pas sombrer. Dormir le moins possible, juste l'indispensable. Tomber quand il n'est plus possible de résister. Se réveiller à la moindre occasion, au plus petit motif, pour le moindre prétexte. S'extirper du sommeil si difficilement concédé dans un cri de révolte face à cet abandon non souhaité. Zélie, Lutèce, 2 filles, 2 rebelles du sommeil. Mais chacune à sa manière. La première ne s'endormait que dans le noir et le calme absolu. Problème qui s'est résolu avec le temps et la scolarisation. La seconde, incapable de s'endormir seule, ne se laisse aller qu'entourée et réconfortée. De préférence pendue au sein maternel, dans les bras (encore à 18 mois !), ou dans des situations étranges et tendres. Partageons ce brin de sommeil en ce jour de 1er mai...

    9 commentaire(s) | ajouter un commentaire
  • Sous pression

    J'me demande si mon frère a du en passer par là aussi....

    2 commentaire(s) | ajouter un commentaire
  • La fable du garçon qui criait au loup revisitée

    Il était une fois une petite Lutèce qui criait "oh pipi !" comme d'autres criaient "au loup !". Souvent, elle jouait des tours aux gens de la maison. "Pipi ! Pipi !", lançait-elle en se précipitant aux toilettes. Papa, Maman, Zélie arrivaient alors en courant pour aider la petite pissouillette à assouvir à temps son envie. Elle trouvait très drôle cette agitation, riant de cette bonne farce. "Ne dit pas "pipi" quand tu n'en as pas envie ! Ce n'est pas drôle !", dirent ses parents à la demoiselle. Mais celle-ci ne les écouta pas et décida de refaire sa farce, encore et encore, avec parfois avec parfois une variante : faire pipi par terre sitôt descendue des toilettes. Ceci dura jusqu'à ce que vienne une réelle et irrépressible envie de faire pipi dans les WC là maintenant tout de suite. "Pipi ! Pipi !", lança la petite Lutèce, comme les autres fois. Comme Papa et Maman pensaient qu''il s''agissait de nouveau d''un mauvais tour, si Papa se précipita à sa suite, c'était plus pour immortaliser comment elle nous faisait tourner en bourriques que pour venir à son aide. Lutèce tenta donc d'abord de s'en sortir toute seule, sans succès. A force d'insistance, elle pût enfin compter sur l'aide maternelle bien que celle-ci soit convaincue de tomber encore une fois dans le panneau. Il n'en fût rien. Lutèce aspergea de quelques gouttes la faïence blanche des toilettes et se regorgea de fierté au moment de s'essuyer. Nul n'y croyait, elle l'a fait. Heureusement que, dans cette histoire, nous n'avons pas, comme les villageois, abandonné Lutèce à son sort et à sa couche, pensant qu'encore une fois elle se moquait de nous.

    13 commentaire(s) | ajouter un commentaire
  • La superposition du temps et des souvenirs

    Blog de zelie :Le blog de Zélie et Lutèce, La superposition du temps et des souvenirs

    Il fût un jour où Zélie se rendit en classe en arborant une coiffure inédite : 2 couettes haut perchées terminées par 2 tresses bien serrées. Ce jour-là, comble du hasard, il se trouve que Maeva arrivait coiffée de la même manière. Un événement qui les a rendues copines à la vie à la mort et qui a sérieusement dû chauffer les oreilles des autres petits gamins des classes de maternelle. En effet, à peine rentrée à la fin de journée, Zélie lançait : "avec Maeva, on avait les mêmes couetteuuu, tralalalèreuuuu" sur le ton de celle qui a scandé cela toute la journée. La situation, l'air traînant, ont fait subitement ressurgir une vieille anecdote enfouie dans le fin fond des tiroirs à souvenirs : du temps où Maman chantait ce même refrain avec sa copine Blandine en moyenne section de maternelle à Mâcon. Probablement l'un de ses tous premiers souvenirs, revenu à la surface à la faveur d'une situation anologue vécue par sa fille bien des années plus tard. Etrange.

    Plusieurs études ont montré qu'un adulte ne se rappelle que très peu de souvenirs avant l’âge de 7 ans, et encore moins avant l’âge de 5 ans. C'est ce que l’on appelle l’amnésie infantile. Ce qui semble être en cause est le développement cérébral, pas assez mature avant l’âge de 7 ans pour le traitement des souvenirs. Le problème ne serait pas la formation des souvenirs, mais la façon de les imprimer qui les rendrait difficilement récupérables. Conway, un chercheur, émet l'idée que la capacité d’un souvenir à devenir récupérable est dépendant du développement du vocabulaire de l’enfant, et donc de sa capacité à nommer ce qu’il vit. Si cette hypothèse est vérifiée, on devrait observer un parallèle entre l’âge du plus vieux souvenir et l’âge d’acquisition du mot qui a servi à le rappeler. Et c’est effectivement ce que Conway constate : le premier souvenir s'aquière systématiquement après le mot qui permet de l’évoquer, plus exactement 12 mois plus tard en moyenne. Ce délai correspondrait au temps nécessaire à l’élaboration des connaissances conceptuelles liées au mot. C’est cette élaboration de concepts qui permettrait aux souvenirs de devenir récupérables à l’âge adulte. Et réciproquement, c’est cette absence de maturation du langage et des concepts liés qui expliquerait l’amnésie infantile.

    Ce que l'on retient de cette théorie est la chose suivante : à moins de 2 mois de ses 5 ans, il est probable que tout ce que Zélie a vécu jusqu'à ce jour s'effacera de sa mémoire. Il n'en restera qu'une impression, un micro-événement, qui ressurgira peut-être un jour au hasard de la vie. Mais l'essentiel sera gommé. Glaçant.
    Alors gageons que la mémoire électronique de ce blog, commentée au gré des discussions que nous entretenons avec Zélie, contrariera Mister Conway et sa théorie. 

    8 commentaire(s) | ajouter un commentaire

choose your country